Devant ton écran

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La chauve-souris et ses deux maîtres (Arkham Asylum)

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S’il fallait retenir une réussite d’Arkham Asylum, seconde production du studio anglais Rocksteady, c’est peut-être la manière dont le jeu personnifie les épreuves auxquelles il confronte le joueur. S’il y a un défi à relever, celui-ci est toujours caractérisé à travers un des adversaires de Batman : le Joker, Poison Ivy, L’Epouvantail, Croc…  Le jeu est fidèle en cela à la riche tradition du personnage, dans la mesure où le vengeur masqué est depuis longtemps devenu une instance de répression des délires. Ceux-ci sont personnifiés par une large galerie de freaks. Ces indispensables ennemis sont, peut-être plus que les surmoïques Alfred et Gordon, la seule vraie famille du richissime orphelin : une famille envahissante et haïssable, comme toutes les familles. Chaque aventure du justicier masqué est aussi une confrontation avec ces personnages-pulsions morbides, que Batman finit toujours par enfermer, c’est-à-dire proprement à refouler. Mais il ne s’agit pas ici de psychanalyser à l’arrache l’homme aux chauves-souris, c’est le rapport du jeu à la narration que nous nous proposons d’examiner par le biais des personnages.

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Written by Martin Lefebvre

29 novembre 2010 at 20:42

Le chorégraphe (FF XIII, deuxième)

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A présent tu en as 17 heures dans les pattes, de ruban coloré. A certains moments tu te demandais si tu n’allais pas trébucher dans le plus profond ennui. Tout droit, toujours tout droit, voilà une proposition qui manque de variété : qu’on te guide dans un long tunnel, soit, mais tu as l’habitude qu’on te montre un peu de respect, pour la forme. Tu aimes qu’on te mente et qu’on te dissimule tes chaînes. A Midgard ou Rabanastre, tu perdais peut-être ton temps dans les souks qui n’étaient que de simples voiles jetés sur les menus : mais tes pas perdus étaient autant de nécessaires respirations, des reposoirs qui te permettaient, tout en restant scotché dans la fantasia, d’échapper en quelque sorte aux heures de donjons, aux longues minutes de farm. Tu pouvais croire que tu modulais l’obsession à ta guise.

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Written by Martin Lefebvre

6 avril 2010 at 20:55

The Witcher, chapitre II

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Je vous avais déjà parlé du premier chapitre de The Witcher, et au fil de la plume, j’avais dérivé vers autre chose. Après des heures d’effort, je suis venu à bout du chapitre II, auquel sera consacré ce billet. Au départ en tout cas. Une chose qu’on en retirera pas à The Witcher, c’est son ambiance poisseuse, extrêmement réussie. Le second chapitre se déroule sur deux zones : un quartier populaire de Wyzima, et des marais. Ces derniers sont brumeux à souhait, les locaux ont l’aspect rude de ceux que la vie n’a pas épargnée : des bûcherons en veine de chance, des rebelles elfes, des briquetiers crasseux et incultes qui vénèrent des hommes poissons (clin d’oeil à l’Innsmouth de Lovecraft ?). Ce qu’il y a de certain, c’est que The Witcher, en garçon bien mal élevé, n’hésite jamais à aller patauger dans la boue, et à se crotter dans le fangeux. C’est parfois un peu puéril, mais à dire vrai on se plaît à le suivre dans les égoûts de la fantasy sombre façon Andrzej Sapkowski. D’ailleurs au début du chapitre, Geralt, le héros, est enfermé dans un cachot puant, dont il parvient à sortir en jouant les égoutiers. Le ton est donné.

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Written by Martin Lefebvre

11 février 2009 at 14:05

Publié dans Critique

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Eléphant de guerre

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Gears of War est intouchable. Etendard hardcore, le jeu d’Epic fait l’unanimité, et ses défenseurs sont prompts à sauter comme un seul homme à la gorge du premier récalcitrant qui oserait trouver les aventures de Marcus Phénix vulgaires, ou pire, qui jugerait la jouabilité un peu brouillonne. Il faut bien reconnaître que Gears est assez bluffant techniquement, qu’il propose une direction artistique de premier ordre, et démontre un redoutable art du script. Ajoutez à cela la réussite d’un mode coopératif en ligne dont Epic a lancé la mode sur console, et la messe est dite : outre le gonzo Tim Rogers, même le très chic New Yorker, sous la plume de Steve Bissel, tresse des lauriers à Cliff Bleszynski et son équipe de « grammairiens du fun ». Lire le reste de cette entrée »

Written by Martin Lefebvre

9 février 2009 at 11:00

Publié dans Critique

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