Devant ton écran

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Les héros puent (Way of the Samurai 3)

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Quand ils ne sont pas trop occupés à me tirer la langue ou à fuir en pleurant, les gamins du village m’accablent de questions. Est-ce que je vais tuer leurs parents ? Quelle est la plus grande qualité du samouraï ? Pertinents petits braillards, je ne sais pas leur répondre. Egoïste, soiffard, goulu, souvent veule, emporté, résigné à son sort, pusillanime et peureux, mais aussi parfois – plus rarement —  courageux à l’excès, fidèle, ou peut-être même aimant…  Le samouraï n’est jamais qu’un humain avec une épée. Celle-ci suffit néanmoins à  faire de lui une figure tragique. Qui vit par le glaive…

A sa manière, Way of the Samurai 3 est un jeu-samouraï : tout son tranchant tient à sa narration interactive. Est-ce suffisant pour aiguiser l’intérêt du joueur ?

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Written by Martin Lefebvre

23 mars 2011 at 14:23

La maison de poupée (Stacking)

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Les camps de vacances peuplés d’enfants psioniques ? Dépassés ! Les RPGs costumés comme pour fêter Halloween ? Le marché est saturé. Et ne parlons pas des God of RTS open world métalleux, on ne les compte plus. Non, aujourd’hui, la mode est aux simulateurs de poupées gigognes muettes des années 20, avec une forte dose de revendications en faveur des mimes-enfants. Evidemment, chez Double Fine, ils suivent bêtement le mouvement, on s’y attendait, pas créatifs pour deux sous ceux-là. Le pire, c’est que pour une fois le développeur a visé juste dans ses promesses ludiques : sans être inoubliable, Stacking est peut-être le jeu le plus abouti du studio.

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Written by Martin Lefebvre

14 février 2011 at 21:35

Manifeste du surréalisme (Deadly Premonition)

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Tu sais, Zach, je pense que c’est important d’exprimer son amour. Son amour des gens dont on est proches, des lieux qui nous ont touchés, des animaux qu’on a rencontrés, les lapins et les chiens notamment,  et même des jeux, pourquoi pas, Zach ? Parce que l’amour, c’est encore la meilleure façon de se créer une communauté d’esprit, une sorte de famille. Je sais que tu aimes beaucoup David Lynch, le grand réalisateur surréaliste américain, et aussi les jeux de Suda 51, tout de même, c’est quelque chose… Tu te souviens de Michigan qui date de 2004, sur Playstation 2 ? En fait le directeur n’est pas Suda mais Akira Ueda, enfin ce n’est pas important… Ce qui est important c’est qu’il est fauché, mais ambitieux, et plein d’amour à sa manière, non Zach ? Deadly Premonition, c’est encore autre chose, c’est ton cousin en quelque sorte, il a quelques tics, il s’exprime de manière un peu étrange, il a une drôle de démarche, c’est vrai, mais il est de la famille. Tu devrais l’acheter, si tu penses que c’est ce qu’il te faut on passera à l’épicerie après, mais allons rouler un peu dans les bois.

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Written by Martin Lefebvre

8 novembre 2010 at 21:29

Propret (Runaway : A Twist of Fate)

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Imaginez une comédie policière avec Brad Pitt en gentil geek inculpé par erreur et Angelina Jolie en ex-strip teaseuse au grand cœur, appliquez un filtre graphique lissant effet animation pour adultes, ajoutez des énigmes d’inventaire absurdes, et voilà ! Si la recette vous tente, Runaway : A Twist of Fate est parfait : un très sage jeu d’aventure, bien propre sur lui, qui respecte à la lettre les commandements du point’n’click à la papa, tout en visant le joueur occasionnel qui chercherait le glamour hollywoodien. Rien à redire sur la réalisation, les développeurs de Pendulo Studios ont fait très propre, d’ailleurs tout est absolument immaculé dans ce Twist of Fate, les cimetières comme les hôpitaux psychiatriques, l’interface comme le récit. C’est sans doute pour cela qu’on s’ennuie ferme.

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Written by Martin Lefebvre

15 octobre 2010 at 18:51

La logique des rêves (Sam & Max saison 3)

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Alors à un moment tu dois utiliser le buste du pharaon sur la porte de la mort tout en étant maudit par l’homme-taupe, ce qui te permet, après avoir raconté une blague à propos d’un concombre, de transformer les hiéroglyphes géants en pont. Le plus étonnant, c’est que tu résous l’énigme sans même te poser de question, parce que tu as depuis longtemps adopté le mode de pensée surréaliste des deux détectives de la Freelance Police : tu nages en pleine logique des rêves.

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Written by Martin Lefebvre

23 septembre 2010 at 22:00

Dan Marshall, entretien

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Pour un genre déclaré mort et enterré depuis des années déjà, le jeu d’aventures a de beaux restes. Dan Marshall et son complice Ben Ward, du studio indépendant Zombie Cow, n’ont pas hésité à reprendre le flambeau du point-and-click humoristique, en devenant à la fois créateurs et  héros d’une série de jeux complètement barrés, très justement couverts d’éloges par la critique britannique. Le premier épisode, Ben There, Dan That ! , disponible gratuitement sur leur site est un succulent hommage aux classiques du studio Lucas des années 90, dégoulinant de références à Monkey Island, Day of the Tentacle ou Sam & Max. Le joueur circonspect face à tant de déférence sera vite gagné par le brio échevelé et loufoque de l’aventure, mélangeant slapstick américain et non-sense britannique. Dès le premier écran, on découvre un Dan zombifié accroché à une poulie en forme de canard qui doit lui permettre de traverser un précipice : le ton est donné. As always, please scroll down for the english version.

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Written by Martin Lefebvre

4 août 2010 at 09:35

Lumineux (Photopia)

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Certains interrupteurs sont à retardement, et je m’avoue ici coupable d’une satanée lenteur à l’allumage. Des années que je déplore la qualité d’écriture des jeux, et que je me promets d’aller voir si l’herbe est plus verte du côté de la fiction interactive. Mais je traîne les pieds, à cause du cuisant souvenir des jeux d’aventures textuels aux énigmes biscornues d’il y a vingt ans. Et voici qu’une jeunette de vingt ans – il est vrai elle-même auteure d’un remarquable récit interactif — me conseille de jouer à Photopia, un jeu écrit en 1998 par Adam Cadre, et c’est la révélation.  Photopia est sans doute l’œuvre de fiction interactive la plus discutée : si le titre ne te dit rien, c’est normal, la fiction interactive est à dire vrai une scène plutôt discrète. Brillamment novateur à sa sortie, Photopia reste aujourd’hui encore une excellente porte d’entrée vers un genre d’une richesse insoupçonnée, mais surtout un exemple majeur de la puissance narrative que porte l’interactivité.

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Written by Martin Lefebvre

12 avril 2010 at 06:58