Devant ton écran

Le château hanté

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Moi c’est Martin, j’ai six ans. Bianca en a huit, et des couettes, mais je fais un pixel de plus qu’elle, sans doute parce que je ne quitte pas mon turban. Jusqu’à présent je voyageais avec Petros, mon papa. Une fois j’ai essayé de sortir dans la campagne tout seul, mais je me suis fait attaquer par des gluants et papa a dû venir me secourir. Mon papa est très costaud, et les gens le respectent. Mais parfois j’aimerais bien pouvoir tuer un monstre par moi-même.

Bianca je l’ai rencontrée à Ruycelieu. Elle est venue avec sa maman, qui est aubergiste dans le village d’à côté, Blanchecombe, pour chercher une mousse médicinale dans la grotte du village parce que son papa à elle est malade. On a un peu joué, mais j’ai surtout profité de l’occasion pour me glisser en douce dans la grotte et aller l’explorer, même si c’est dangereux parce qu’il y a des monstres. Heureusement j’avais mon épée de bois et mon fidèle couvercle de tonneau en guise de bouclier, alors j’ai pu taper les monstres qui s’approchaient de trop près.

Si on le voulait le chat il fallait qu’on aille tuer les fantômes des tours Karpatt mais qu’on était même pas cap’

Après que j’ai trouvé la mousse, et que tout le monde a été content, on est tous partis à Blanchecombe. C’est très joli, et l’auberge est énorme. Avec Bianca on s’est promenés dans le village. Il y avait un barde qui nous a parlé des tours Karpatt, qui sont un château hanté, un vrai. On serait bien allé chasser des chauves-souris dans la campagne, mais le garde du village n’a pas voulu nous laisser sortir. On a vu un chat roux très beau, mais que deux garçons à l’air très bête étaient en train d’embêter. Pauvre chat. Alors Bianca a dit qu’on allait l’adopter, mais les garçons nous ont répondu que si on le voulait le chat il fallait qu’on aille tuer les fantômes des tours Karpatt mais qu’on était même pas cap’. Bianca a eu l’air en colère, elle a voulu partir tout de suite mais avec le garde à la sortie du village on a dû retourner à l’auberge, et comme il était tard on s’est vite couchés.

Dans la nuit, alors que papa ronflait, j’ai entendu une petite voix : « Pssst Martin, debout ». C’était Bianca. Alors on est partis sur la pointe des pieds. De gros flambeaux éclairaient l’auberge, dehors tout était bleu nuit. Je suis passé par l’église pour me confesser, et en route pour l’aventure ! A l’entrée du village, le garde rêvait, et nous avons pu sortir sans problème.

Couverts d’égratignures, de bleus, ma cape était déchirée, et Bianca était toute décoiffée

C’est vrai que dans la nature, la nuit, c’est plutôt dangereux : il y a des vampivols, des marteleurs, des tas de gluanbulles, et même des foufurets – qui sentent très mauvais — et des chagriffeurs. On a eu beau aller vers le nord, on n’a pas trouvé le château hanté cette nuit là. On est revenus à Blanchecombe couverts d’égratignures, de bleus, ma cape était déchirée, et Bianca était toute décoiffée. Mais elle était toute fière parce qu’elle a réussi à lancer un éclair de feu qui a fait rudement peur aux monstres. Et moi je sens que bientôt j’aurais les mêmes biceps que papa.

Papa d’ailleurs, ça va pas fort. Il a attrapé le rhume du papa de Bianca, et du coup il est obligé de rester au lit, et moi avec lui à Blanchecombe. La nuit suivante, c’est reparti pour les tours Karpatt.

Et cette fois-ci, c’est la bonne, nous voici au pied du château hanté. Même pas peur. Enfin juste un peu la chair de poule, mais c’est que les nuits sont froide en cette saison. Ce qui est plus embêtant, c’est que la porte d’entrée est fermée. Ils ne sont pas accueillants ces spectres. Mais finalement, en passant par derrière, on a trouvé une échelle rouillée qui menait sur le toit. Là il y avait une porte. On est entrés, une grille s’est fermée, un éclair a zébré le ciel nocturne.

On a ri, on a tremblé, on s’est bagarré

Avec Bianca on s’est vraiment beaucoup amusés dans le château. Un vrai train fantôme, comme si c’était une attraction préparée exprès pour nous ! Je vais pas tout vous raconter, vous irez voir vous-même, mais on a ri, on a tremblé, on s’est bagarré. Bianca a été enterrée vivante, il y avait des corbeaux, on a vu les fantômes du comte et de la comtesse, des étagères qui bougeaient toute seules, un bal de squelettes, un feu-follet aubergiste… J’ai essayé de lire des grimoires, mais comme papa a pas trop eu le temps de m’apprendre à déchiffrer les caractères ces derniers mois, je comprenais pas tout. Enfin on a tout de même appris qu’il fallait vaincre le chef des méchants fantômes, et c’est ce qu’on a fait Bianca et moi.

Alors on est revenus tout fiers au village, j’avais une estafilade sur le bras, les chaussons et la robe de Bianca étaient bousillés, j’avais au moins vingt-douze bosses, et elle un cocard à chaque œil. Mais on était chargés de pièces d’or, des vraies, pas en chocolat, et comme on avait vaincu la malédiction, le chat était à nous, et je l’ai appelé Léon. Je pense que Léon et moi on va vivre plein de belles aventures, et puis quand je serai grand je vais épouser Bianca, on aura des enfants et avec eux on sauvera le monde.

Written by Martin Lefebvre

1 novembre 2011 à 12:08

4 Réponses

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  1. Youhou le blog reprend de l’activité !

    Ta façon de rédiger à la première personne rend le texte très vivant, ça permet d’effacer le côté froid que peut avoir un personnage virtuel, merci pour cette tranche de vie de pixels.

    Alexis

    1 novembre 2011 at 13:26

    • Oui bon ce sera exceptionnel, parce que maintenant ça se passe là : http://merlanfrit.net/

      Mais certains papiers qui ne collent pas avec ce qu’on veut faire sur MF risquent de se retrouver ici, de temps à autres.

      Martin Lefebvre

      1 novembre 2011 at 13:36

  2. Merci de me remémorer de la sorte ce qui est certainement mon JRPG favori (ça donne envie de s’y remette du coup). D’autant que la réactivation d’un émerveillement quasi enfantin au simple détour d’une ville, d’un donjon, d’un monstre ou d’un personnage (cf. la.. hum… « divagation » ^_^ de Tim Rogers sur le turban violet du héros http://www.actionbutton.net/?p=391) est peut-être ce qui définit le mieux la série DQ, soit un ensemble de titre qui en appelle d’abord à l’imaginaire de chacun.

    Daner

    1 novembre 2011 at 15:51

    • Je me souviens plus d’avoir lu ce papier de Rogers, tiens… Merci de me le signaler !

      Faut dire apparemment il était noyé dans la masse du manifeste Actionbutton… Avec la nouvelle mise en page c’est devenu illisible AB.net dis-donc…

      Martin Lefebvre

      1 novembre 2011 at 16:35


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