Devant ton écran

Fanservice (Ghostbusters, The Video Game)

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Tout bien considéré, si je devais désigner les héros de mon enfance, ce ne serait ni sur Tintin ni sur Batman que s’arrêterait mon choix, pas plus que sur ce bon vieux Magnum ou sur Mr T. Tous les matins avant de partir à l’école, vers la mi-temps des années 80, entre deux vannes déjà éculées de William Leymergie, je ne ratai pas un épisode du dessin animé SOS-Fantômes. Je ne te raconte même pas l’effet que me faisaient les films, surtout le premier, réalisé en 1984 par Ivan Reitman, pellicule majeure de la geek-pride. Ils avaient le total-look nerdy (les lunettes et les cheveux d’Harold Ramis alias Dr Egon Spengler), des doctorats à ne plus savoir qu’en faire, et pourtant ils étaient funky, rapportèrent une véritable fortune aux producteurs, et Bill Murray était l’homme le plus cool de tous les temps.

En 1984, la geek-pride

Les développeurs de Terminal Reality ont visiblement eux aussi été saisis par la franchise, et ont accompli un travail qui respire l’amour pour l’univers inventé par Ackroyd et Ramis. Si comme l’avoue Ackroyd au New York Times, leur participation au scénario a été toute symbolique, l’écriture du jeu reprend bien l’esprit des films, dont on retrouve le sens du rythme et les blagues décalées. Les acteurs n’ont pas lésiné sur la quantité de dialogue, et dans les premières heures on assiste à un véritable feu d’artifice de one-liners, une cavalcade de piques, un déferlement de soliloques pseudo-scientifiques du plus bel effet. Malgré la modélisation un peu cireuse de Murray et compagnie, comme pétrifiés en 1990, on s’y croirait. Plus que dans les adaptations de l’époque d’ailleurs, tant mes souvenirs des versions 8 bits sont douloureux, encore que distants.

Le jeu accepte de bonne grâce sa nature muséographique, offrant une visite guidée des lieux cultes de la franchise, de la caserne des Busters au Metropolitan Museum, en passant par l’hôtel Sedgewick ; tu retrouveras aussi le glouton Slimer, le gigantesque Marshmallow Man, ou Shandor l’architecte démoniaque, tout un pandémonium plus grotesque que menaçant, plus coloré qu’effrayant. C’est le fantastique à la sauce Thriller, infusé au merchandising (représenté par une facultative mais amusante chasse aux artefacts), fasciné de métamorphose, et qui s’amuse comme un sale gosse avec les effets spéciaux dernier cri : des lustres qui courent, le étage treizième étage d’un hôtel transformé en nid d’araignées… Sur PC, la réalisation, bien qu’inégale, ne manque pas de morceaux de bravoure, par la grâce de boss monumentaux, mais surtout de décors hautement destructibles : zébulons gentiment anarchistes, les Ghostbusters chamboulent tout sur leur passage, ravageant salles de banquets et bibliothèques, cimetières comme expositions d’antiquités…

Fluides surnaturels et destruction

Le scintillement des lances à proton, les flots quasi spermatiques de slime qui se déversent un peu partout servent un système de combat efficace encore que peu inspiré. Si les mécanismes de capture évoquent assez bien les scènes de pêche au fantôme des films, ils demeurent trop peu exploités et les différents rayons rappellent un peu trop les canons du TPS, avec le lance-roquettes, le shotgun, les ennemis aux points faibles visibles… Pour tout dire, j’ai joué en mode facile, pour la balade plus que pour autre chose, et un seul passage m’a donné du fil à retordre. Mais il faut craindre qu’une difficulté plus élevée révèle l’imprécision des contrôles, et que le manque de variété des situations devienne pénible. Durant les huit heures nécessaires pour boucler le jeu, il faut bien l’avouer, je n’ai pas  franchement atteint le nirvana ludique. A tout prendre, Ghostbusters est un jeu moyen, et à 60 euros l’addition eût été salée.

Oui, mais il se trouve pas cher ce sympathique ouvrage de fans, et en devient tout à fait recommandable, te garantissant de passer un bon moment. Ce n’est pas qu’une question de nostalgie stérile, il y a de l’efficacité dans la narration, un boogie de la répartie, une véritable joie à s’élancer dans le train-fantôme, lumières éteintes et pop-corn à portée de main. Au moins autant qu’un hommage aux années 80, Ghostbusters manifeste l’intérêt d’un jeu vidéo spirituellement écrit, d’une évadée hors du pré carré du jeu de guerre ou de la SF hardboiled, vers des contrées plus grotesques et blagueuses.

Tout bien considéré, si je devais désigner les héros de mon enfance, ce ne serait ni sur Tintin ni sur Batman que s’arrêterait mon choix, pas plus que sur ce bon vieux Magnum ou sur Mr T. Tous les matins avant de partir à l’école, vers la mi-temps des années 80, entre deux vannes déjà éculées de William Leymergie, je ne ratai pas un épisode du dessin animé SOS-Fantômes. Je ne te raconte même pas l’effet que me faisaient les films, surtout le premier, réalisé en 1984 par Ivan Reitman, pellicule majeure de la geek-pride. Ils avaient le total-look nerdy (les lunettes et les cheveux d’Harold Ramis alias Dr Egon Spengler), des doctorats à ne plus savoir qu’en faire, et pourtant ils étaient funky, rapportèrent une véritable fortune aux producteurs, et Bill Murray était l’homme le plus cool de tous les temps.

Les développeurs de Terminal Reality ont visiblement eux aussi été saisis par la franchise, et ont accompli un travail qui respire l’amour pour l’univers inventé par Ackroyd et Ramis. Si comme l’avoue Ackroyd au New York Times, leur participation au scénario a été toute symbolique, l’écriture du jeu reprend bien l’esprit des films, dont on retrouve le sens du rythme et les blagues décalées. Les acteurs n’ont pas lésiné sur la quantité de dialogue, et dans les premières heures on assiste à un véritable feu d’artifice de one-liners, une cavalcade de piques, un déferlement de soliloques pseudo-scientifiques du plus bel effet. Malgré la modélisation un peu cireuse de Murray et compagnie, comme pétrifiés en 1990, on s’y croirait. Plus que dans les adaptations de l’époque d’ailleurs, tant mes souvenirs des versions 8 bits sont douloureux, encore que distants.

Le jeu accepte de bonne grâce sa nature muséographique, offrant une visite guidée des lieux cultes de la franchise, de la caserne des Busters au Metropolitan Museum, en passant par l’hôtel Sedgewick ; tu retrouveras aussi le glouton Slimer, le gigantesque Marshmallow Man, ou Shandor l’architecte démoniaque, tout un pandémonium plus grotesque que menaçant, plus coloré qu’effrayant. C’est le fantastique à la sauce Thriller, infusé au merchandising (représenté par une facultative mais amusante chasse aux artefacts), fasciné de métamorphose, et qui s’amuse comme un sale gosse avec les effets spéciaux dernier cri. Sur PC, la réalisation, bien qu’inégale, ne manque pas de morceaux de bravoure, par la grâce de boss monumentaux, mais surtout de décors hautement destructibles : zébulons gentiment anarchistes, les Ghostbusters chamboulent tout sur leur passage, ravageant salles de banquets et bibliothèques, cimetières comme expositions d’antiquités…

Le scintillement des lances à proton, les flots quasi spermatiques de slime qui se déversent un peu partout servent un système de combat efficace encore que peu inspiré. Si les mécanismes de capture évoquent assez bien les scènes de pêche au fantôme des films, ils demeurent trop peu exploités et les différents rayons rappellent un peu trop les canons du TPS, avec le lance-roquettes, le shotgun, les ennemis aux points faibles visibles… Pour tout dire, j’ai joué en mode facile, pour la balade plus que pour autre chose, et un seul passage m’a donné du fil à retordre. Mais il faut craindre qu’à une difficulté plus élevée la relative imprécision des contrôles, le manque de variété des situations deviennent pénibles. Durant les huit heures nécessaires pour boucler le jeu, il faut bien l’avouer, je n’ai pas atteint le nirvana ludiques. A tout prendre, Ghostbusters est un jeu moyen, et à 60 euros l’addition eût été salée.

Oui, mais il se trouve pas cher ce sympathique ouvrage de fans, et en devient tout à fait recommandable, te garantissant de passer un bon moment. Ce n’est pas qu’une question de nostalgie stérile, il y a de l’efficacité dans la narration, un boogie de la répartie, une véritable joie à s’élancer dans le train-fantôme, lumières éteintes et pop-corn à portée de main. Au moins autant qu’un hommage aux années 80, Ghostbusters manifeste l’intérêt d’un jeu vidéo spirituellement écrit, d’une évadée hors du pré carré du jeu de guerre ou de la SF hardboiled, vers des contrées plus grotesques et blagueuses.

Written by Martin Lefebvre

10 juillet 2010 à 20:23

9 Réponses

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  1. Perso j’ai vraiment beaucoup aimé ce jeu.🙂 Je crois que je suis parfaitement incapable d’émettre un avis objectif dessus, j’ai passé mon temps à me bidonner connement. Quelle joie de pouvoir avoir enfin l’outillage d’un vrai ghostbuster… Moi, j’y ai cru du début à la fin ! Je l’ai d’ailleurs joué en difficulté max histoire de ne pas le finir trop vite. Alors oui, parfois les collègues sont plus des boulets qu’autre chose, qu’il faut réanimer toutes les 20 secondes… Mais je pardonne volontiers vu la tranche de pur bonheur que ça a été par ailleurs.🙂
    Si jamais tu veux tester le multi, j’ai pas eu l’occasion, mais ça me tenterait bien. Juste le temps de récupérer une connexion, donc le mois prochain T_T

    Sachka

    11 juillet 2010 at 22:00

  2. Et j’ajoute que je souscris complètement à ta conclusion !

    Sachka

    11 juillet 2010 at 22:04

  3. Malheureusement il n’y a pas de multi sur PC, je sais pas pourquoi.:/

    Martin Lefebvre

    12 juillet 2010 at 09:29

  4. Ah flute j’avais pas percuté que tu jouais sur PC😦

    Sachka

    12 juillet 2010 at 09:34

  5. Je l’ai pris un peu au petit bonheur, il était à 4 euros pendant les soldes Steam. C’est grâce (ou à cause, pauvre de mon porte-monnaie) à Steam que j’essaye plein de jeux auxquels j’aurais pas nécessairement pensé autrement. Pour le coup c’était une plutôt bonne pioche.

    Martin Lefebvre

    12 juillet 2010 at 09:49

  6. Je n’ai pas fait le jeu mon bon Zombaman, mais j’ai eu la très malheureuse idée de revoir le film il y a peu, et franchement c’était atroce. Et pourtant j’ai lancé le divx avec joie, mais pardon ! Ca n’a pas de rythme, les personnages sont vraiment pas creusés, les acteurs tout nazes (oui, sauf Bill Murray, faut quand meme pas déconner), les dialogues sont finalement assez plats et pas drôle, la musique horrible… enfin, certes, on ne peut pas lui retirer son côté années 80, ça doit être même le film le plus années 80 made in USA juuuste après Top Gun.
    Vu ce que tu dis du jeu, ça doit être fait par des mecs qui n’ont pas revu le film mais qui l’ont écrit avec l’image qu’ils en avaient gardé depuis qu’ils étaient ados, et à l’époque, c’est clair, c’était le plus beau film de tous les temps, comme quoi c’est pas beau de vieillir… et surtout ne pas recroiser le chemin d’ Albator et autre Goldorak, c’est MAL.

    Boxmanichou

    16 juillet 2010 at 12:13

  7. Je voulais revoir le film avant d’écrire sur le jeu, mais j’ai finalement acheté l’intégrale de Twin Peaks (qui a bien vieillie elle) au lieu du DVD du film… Du coup je me suis exclusivement basé sur mes souvenirs nostalgiques. Note j’ai un pote à qui j’en causais qui trouvait que le film se tenait bien, mais il a kiffé le dernier Agence tous risques alors à prendre avec des pincettes.

    En tout cas dans le jeu les dialogues sont frais, et autant Ackroyd que Ramis se tirent bien de leurs lignes. Faudra tout de même que je me le remate, quitte à être déçu.

    Sympa de te voir traîner dans le coin camarade Box !

    Martin Lefebvre

    20 juillet 2010 at 13:41

  8. Ahh on a pas toujours les amis qu’on mérite hein ? Moi même j’ai un pote qui est une sorte de boussole qui pointe le sud, c’est troublant au début mais finalement assez pratique quand on a compris le truc ;^)

    A très bientôt amigo !

    [hors sujet] sais tu que c’est les 20 ans des HDL le 17 octobre ? [/hors sujet]

    Boxmanichou

    1 août 2010 at 12:36

  9. Hey ça me ferait plaisir, si je peux me libérer. Il faut réserver quelque part ?

    Martin Lefebvre

    1 août 2010 at 19:32


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