Devant ton écran

Action 52 owns !

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Il faut absolument que je te parle de ce projet lancé par les huluberlus de TIGsource. J’aurais pu t’en causer plus vite, c’est vrai, je m’en excuse, mais me voici lancé, et c’est toutes affaires cessantes que je te déclare à quel point l’idée lancée par Mr Podunkian est fascinante. Il s’agit d’un remake de la compilation Action 52. C’est quoi Action 52 ? Une compilation de 52 jeux, sortie par Active Entreprises au début des années 90 sur NES puis sur Megadrive, pour pas moins de 199 $. Ca paraît beaucoup, mais le disait la pub à l’époque, ça faisait 4 $ le jeu, mec ! Evidemment, le problème, si l’on en croit ceux qui les ont essayés (comme l’Angry Videogame Nerd), c’est que les 52 titres font assaut de nullité, pas un pour sauver l’autre, à faire rougir les plus mauvais jeux flash qui hantent le www. Qu’à cela ne tienne, Podunkian et ses compères forumistes ont décidé de corriger tout ça, et de refaire l’histoire en créant des jeux réellement jouables.

De l’art, qu’on vous dit !

Tu peux lire ici les règles d’un jeu très oulipien (oujevipien ?). Par ailleurs le projet semble rencontrer quelques difficultés, parmi les développeurs engagés seul huit ont montré quelque chose de jouable un mois après le début du concours, comme le Jigsaw de Miles Drummond, ou le Star Evil de L… A tout prendre, l’important n’est pas dans la menée à bien de l’aventure… Ce qu’il y a de notable avec ces remakes, c’est qu’ils illustrent de manière exemplaire le rapport des créateurs indépendants au medium vidéoludique. Il ne s’agit plus simplement d’une fascination pour le rétro qui se contenterait de regretter naïvement le passé ; il faut plutôt voir dans l’approche de ces développeurs une capacité à la fois à prendre de la distance et à célébrer l’histoire vidéoludique. Exercice de style, Action 52 owns est aussi la conquête d’un kitsch vidéoludique : on pourrait faire un parallèle avec la démarche de l’artiste récupérant les chromos les plus tartouilles pour mieux les subvertir, s’en servant comme d’une matière créative, parce que tout est susceptible de plasticité.

Pour le dire autrement, Action 52 owns participe d’une démarche artistique. Tu pourrais t’étonner qu’on évoque le gros mot de trois lettres à propos d’une entreprise qui n’a a priori aucune visée émotive, nulle pulsion littéraire ou cinématographique, qui ne cite même pas Nietzsche ou Albert Camus comme le ferait un candidat bûcheur au bachot. Mais tu es plus malin que ça, et tu sais bien que si le jeu vidéo est un art, ce n’est pas pour singer ses aînés, mais pour ouvrir sa voie colorée, mal élevée, pleine de blips et de pixels.

Ce qui est certain en tout cas, c’est que le jeu vidéo a une culture (qui vaut ce qu’elle vaut), et une esthétique de plus en plus riche.

Written by Martin Lefebvre

1 juin 2010 à 19:42

Publié dans Brève

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2 Réponses

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  1. La question qu’on peut se poser est : Pourquoi 52?
    42 on connait
    51 on connait
    Mais 52?

    J’imagine Active Entreprise partie sur une base de 100 et nous épargnant les 48 jeux qui ne marchaient juste pas.

    Pierrec

    4 juin 2010 at 06:54

  2. Via Wikipedia :

    « Vince Perri of Miami, Florida created Action 52. He showcased the game at the International Winter Consumer Electronics Show.[4] The breakthrough came by accident. « I happened to see my son playing an illegal product made in Taiwan that had 40 games on it. The whole neighborhood went crazy over it, » Perri said. « I figured I’d do it legally. It’s obvious when you see something like that, you know there’s something there. » [5]

    For the original NES collection, Perri raised $5 million from private backers in Europe and Saudi Arabia. He and Raul Gomila employed several college students to do the programming which was programmed on an Atari ST, and contracted out technical work to Cronos Engineering Inc., a Boca Raton company that had done work for IBM.[5] Action 52 may have originally been designed to include 60 games, as evidenced by eight menu templates present in the ROM, as well as many unused tiles.[6] The extra eight games may have been cut due to the large size of the cartridge (two megabytes), and a probable increased production cost.

    The Sega Genesis version, released two years later, was developed by FarSight Studios, who had also developed Color a Dinosaur for the NES. Plans for a Super NES version of the cartridge were announced, but Active Enterprises withdrew from the video game industry shortly thereafter, and no copies are known to exist. »

    Martin Lefebvre

    4 juin 2010 at 08:58


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