Devant ton écran

Sous ton grand chapeau (Solomon’s Keep)

leave a comment »

Sous ton grand chapeau, tu joues à un twin-stick shooter sur iPhone : Solomon’s Keep. Ne te laisse pas prendre, rien à voir avec le classique puzzle-platformer de Tecmo, Solomon’s Key (1986). Celui-là, espèce de Diablo-Gauntlet-SmashTV-like (à la tienne), ne restera sans doute pas dans les annales. En même temps, tu n’es pas tout à fait décidé à son sujet. Pas bien brillant, mais pas bien cher non plus (0,79 euros), et ça se laisse jouer dans une salle d’attente ou dans le métro. En un sens c’est peut-être ce qu’on attend d’un jeu portable : tuer le temps sans conséquence, meubler sans vider la batterie de ton téléphone.

Tout est un peu creux dans le jeu de Raptisoft, tout manque de finition. Les contrôles d’abord, qui utilisent deux sticks virtuels pour diriger le personnage, un apprenti magicien en stage dans un donjon peuplé de squelettes — la routine quoi — ne sont pas aussi précis que tu le souhaiterais : tu te retrouves souvent notamment à perdre le premier tir d’une bordée faute de pouvoir viser efficacement, ce qui est d’autant plus gênant que tu es limité par une barre de mana assez courte. Enfin, tu arrives tout de même à te débrouiller et à te faufiler entre les boules de feu que te balancent  tes collants adversaires, tout en les arrosant de magic missiles ou de fireballs (si tu le souhaite, tu peux adopter un accent plaisant, comme celui du Kentucky pour prononcer ces termes anglo-saxons). Encore faut-il être capable de voir ce qui t’arrive dans la tronche, parce que si un jeu aurait mérité de s’appeller « Torchlight » (accent du Dakota ou du Wyoming), c’est Solomon’s Keep : le donjon est noir comme un four, ce qui permet au programmeur de montrer sa maîtrise des effets de clair-obscur, mais ce qui fait surtout que tu n’y vois goutte. Même à peu près dans les aspects RPG : il y a du loot (dis-le comme à Wichita), des XP, des compétences et tout le bazar, mais rien de bien passionnant.

Considéré à l’aune d’un genre, le dungeon-shooter en 2D, Solomon’s Keep ne fait pas le poids face à un Zombie Shooter ou un Shadowgrounds. Mais nous ne sommes pas sur PC, et sur le portable d’Apple la concurrence est moins forte, surtout à un tout petit prix. Les développeurs ont au moins compris qu’ils avaient tout intérêt à faciliter la vie du joueur pressé, et les temps de chargement demeurent très raisonnables (contrairement à ceux du bien plus ambitieux Diablo-like de Gameloft, Dungeon Hunter), de même que la difficulté, si l’on considère que Solomon’s Keep est avant tout une sorte d’économiseur d’écran pour le cerveau. Tu en as pour deux-trois heures de décérébrage, et quand tu voudras passer à quelque chose de plus conséquent dans le genre mitraillette, tu te procureras le génial Space Miner. Bref, de la trash-food pour tes petits doigts graisseux, c’est déjà pas si mal à ce prix.

Ton serviteur t’annonce qu’il s’apprête prendre quelques vacances, le portable bourré de fiction interactive, Infinite Space dans la DS. A tantôt.

Written by Martin Lefebvre

18 avril 2010 à 18:46

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :