Devant ton écran

Quinte flush (Sword & Poker)

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Tu sais, si ce blog n’est plus mis à jour, c’est que ton serviteur est un héros de la modernité. Entends : quand il ne glande pas sur internet, il est toujours entre deux métros, une pige, des copies en retard, une vaisselle ou trois couches. Pour consoler l’homme pressé de l’absence totale d’élévation dans une vie banalement précipitée, pas de meilleur remède que les jeux portables qu’on peut serrer tout contre soi, même pendant les heures de pointe. Ainsi, Sword & Poker, des japonais de Gaia, sur iPod  touch ou iPhone, est un parfait jeu de commuter. Au départ, il ne paye pas de mine, avec ses airs de solitaire vaguement kawai. Heureusement, tu ne l’as pas payé cher, moins d’un euro, et encore il dispose d’une large démo. Ah, ah, ah que c’est con ce jeu. Con au point que je t’avoue lui avoir consacré ma soirée d’hier, et que je puis te l’assurer : je n’ai pas oublié de recharger mon iPod ce matin. Ce jeu est un collant petit bâtard, lecteur.

Difficile de dire qui est à l’origine de l’hybridation puzzle-RPG… Il y a sans doute des précurseurs en nombre, mais le très bon Bookworm Adventures de Popcap en 2006 est un bon point de repère. Néanmoins, c’est le brillant Puzzle Quest (attention, évite le décevant Galactrix) d’Infinite Interactive, sorti un an plus tard, qui lance le mouvement, et semble, véritable pierre philosphale du marketing vidéoludique, réconcilier casuals et hardcores. Brillante idée de fourrer le puzzle-game au RPG. Non que ce soit nouveau si l’on songe que Gran Turismo appliquait déjà la recette au jeu de caisse en 1997. Mais le RPG a le mérite de proposer avec ses mécanismes d’accumulation un système de progression « clé en mains » permettant de relier, de proposer un pont narratif entre les brèves parties de puzzle-game pour donner au joueur l’envie de poursuivre la partie. Entre nous, c’était peut-être le secret du jRPG des années durant : des combats-puzzles enrobés de cinématiques.

De nombreux Pokermons avec des têtes pas possibles

Sword & Poker est loin d’avoir la finition d’un Final Fantasy (ou du récent et paraît-il très bon Gyromancer de Popcap et Squenix), mais il est plutôt charmant graphiquement, et les contrôles sont fort fonctionnels, ce qui n’est pas toujours le cas sur le portable d’Apple. Regret : de manière assez inexplicable, il est impossible d’écouter de la musique en jouant, tu seras bloqué sur les loops du jeu. Mais pour ce qui est d’être prenant, S & P est une excellente surprise. Le joueur reçoit quatre cartes, et à son tour il doit en placer une de part et d’autre d’un carré de trois cartes afin de créer une main de poker. Selon la valeur de cette main, tu feras plus ou moins de dommages à ton adversaire, qui de toutes façons est généralement un radis hargneux ou un fantôme transformiste, il l’a bien mérité ce sale Pokermon. Ca se complique un peu quand la grille se remplit, mais je te laisse découvrir ça avec tes petits doigts graisseux. La chance joue évidemment un rôle non négligeable, mais il y a suffisamment de stratégie pour que la réflexion soit récompensée. D’autant plus qu’au fil du jeu, il devient  possible à notre héros d’acheter de l’équipement, d’utiliser des sorts… Les ennemis gagnent des attaques spéciales… Bon, je ne vais pas te raconter ce qu’est un RPG. Sans jamais être bien difficile, d’autant plus qu’il est toujours possible (et parfois souhaitable) de farmer les niveaux déjà terminés, S & P est plutôt bien équilibré, entraînant le joueur dans une spirale positive. Allons merde, ça fait toujours du bien d’avoir à portée de main dans le métro un petit écran coloré qui te fait « bibibibip YOU WIN ».

Ah, le bonheur des tableaux de statistiques…

Sword & Poker n’est peut-être pas une quinte flush, le titre de cet article est un piège. Mais il y a au moins un brelan de raisons de te le procurer, ou du moins de l’essayer : il n’est pas cher, il est parfait pour le métro, et il est diablement prenant. 79 (le prix en centimes) points de dégâts dans ta face plus 3 tours de productivité de foutues, à toi de jouer.

Written by Martin Lefebvre

20 janvier 2010 à 16:43

Publié dans Critique

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2 Réponses

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  1. Dieu, que tu vends bien…

    Leguman

    20 janvier 2010 at 19:33


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