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« Business Class » II : Cost Killer

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nissan carlos ghosn

Cost Killer, second opus de la trilogie « Business Class » dont le premier volet, Street Cage, s’était vu couronné dans de nombreux festivals indépendants, change radicalement d’ambiance. Il ne s’agit plus ici de prendre le contrôle d’un maquereau ambitieux, le joueur incarne cette fois-ci Kris Johansen, un jeune et prometteur cadre qui bénéficie d’une stupéfiante promotion. Le voici cost-killer, chargé par des actionnaires avisés de rétablir les comptes d’une société d’informatique avant de la mettre en vente. Pour cela, il va falloir dégraisser. C’est en tout état de cause ce qu’attendent les employeurs, mais rien ne dit que c’est ce qui va se passer…

En effet, Cost Killer laisse une vaste marge de manœuvre au joueur. La partie gestion du jeu, parfois un peu austère, nécessite de balancer les comptes, et il faut rester dans le timing fixé par les actionnaires pour compresser les coûts et booster la rentabilité. Mais le joueur est libre de trafiquer les comptes, grâce à un inventif système de transactions, que ce soit pour masquer les faiblesses de votre plan de relance, pour alimenter une caisse noire afin de soudoyer les syndicats, ou pour détourner une partie des économies sur votre propre compte. En cas de résultats insatisfaisant, c’est la porte et le game-over, mais si les objectifs sont atteints, Kris reçoit un bonus, qui lui permet d’acquérir des signes extérieurs de richesse : voiture de sport, montre suisse, costume de créateur… Ces babioles ont leur importance, puisque comme dans un RPG, les objets équipés augmentent les statistiques du personnages. Celles-ci jouent un rôle capital dans la partie aventure du jeu, qui s’inspire de la dating sim.


direktor

Un bon cost-killer maîtrise l’empathie.


Les frères Thorvald, fondateurs du studio Dogmatik, insistent sur le fait que la trilogie « Business Class » est une vision de l’humanité à l’ère de la finance libérée. Cost-Killer présente ainsi une vaste galerie de personnages, depuis le syndicaliste verreux, jusqu’à la secrétaire peu farouche, en passant par le comptable intraitable… A première vue, on craint le cliché, mais la plume acérée de Niels Thorvald parvient à donner une vraie profondeur aux caractères. Les situations sont variées et souvent burlesques puisqu’on se retrouvera entre autres à faire chanter le comptable, à séduire l’inspectrice des impôts ou à trouver un nouveau job pour les femmes de ménage licenciées… Comme le précisent les développeurs dans un épais manuel dédié à Carlos Ghosn, le pragmatisme économique nécessite souvent que le dirigeant se sacrifie à la cause de rentabilité qui l’anime.


Là où Cost Killer prend toute sa dimension ludique, c’est dans la liberté qu’il offre au joueur. Un système de scoring invite à rejouer et à expérimenter d’autres voies. Plusieurs fins sont possibles : Kris Johansen peut se comporter en bon petit soldat et accéder à un poste supérieur, mais le joueur peut très bien décider de s’enfuir avec la caisse, de séduire toutes les femmes de l’entreprise, ou même de retourner sa veste et de racheter l’entreprise afin de préserver les emplois. C’est peut-être cette dernière fin, la plus dure à obtenir, qui est la plus marquante, parce qu’elle donne lieu à une cinématique de fin totalement inattendue, qui semble remettre en cause le bon sens décomplexé du titre. Mais n’en disons pas plus. Le titre de Dogmatik fera parler de lui, et servira peut-être lors de stages en ressources humaines, ou de séminaires en business school, en cette période où la compression de personnel est un impératif vital.

Written by Martin Lefebvre

10 juin 2009 à 18:10

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